Je suis Mandy, accompagnante et maman, je vous accompagne pour vivre une parentalité unique.
Parler de son corps à un enfant, des limites qui ne doivent pas être franchies ni par lui, ni par les autres ; lui évoquer l’inceste sans lui faire peur, ou encore aborder avec lui les rapports sexuels, la notion de consentement, quel est le bon âge pour tout ça ? Quand on regarde l’actualité qui nous informe qu’en moyenne deux enfants par classe sont concernés par l’inceste, quand on sait que dans les cours de récréation les écrans de portable sont partagés, comment les sensibiliser pour mieux les protéger ?
Lorsque nos enfants sont petits, des toilettes jusqu’à notre lit, tous les espaces sont partagés. Ils nous rattrapent où que nous allions ! Leur besoin de sécurité et d’attachement se traduit partout et tout le temps et l’importance d’y répondre conjuguée à notre besoin de tranquillité n’est pas toujours simple à mettre en œuvre ! Nos enfants nous y rejoignent, tapent encore et encore derrière la porte ou essaient de nous escalader alors que nous faisons nos besoins…Scènes improbables mais réalistes !
En même temps, les toilettes sont parfois un refuge… Parfois, alors qu’on sent que l’on va craquer, qu’on a un besoin de s’isoler, ou juste un gros besoin de souffler, il arrive que l’on s’y réfugie discrètement (ou pas !).
Mais si la salle de bain, les toilettes ou notre chambre peuvent constituer un échappatoire, elles sont aussi des pièces réservées à l’intimité.
De plus en plus, avec ma fille de 7 ans, je me permets de lui dire – lorsqu’il n’y a pas d’urgence – que j’ai envie de prendre ma douche tranquillement et que j’ai besoin de ce moment.
Ou encore que les toilettes sont un lieu intime et que j’aimerais y passer un petit moment, seule. C’est là qu’elle me pose tout un tas de questions sur ce que veut dire “l’intimité”, pourquoi elle ne pourrait pas rester et discuter avec moi dans les toilettes et pour quelles raisons, je ne pourrai pas prendre ma douche en la regardant faire sa roue si bien réussie cet après-midi-là, à l’école.
Cela permet une amorce, un début de réflexion, sur le sujet des limites, du droit que l’on a sur notre corps, et de l’intimité en général.
Parfois aussi, nos envies spontanées de « chaudoudoux » nous rendent intrusifs. Combien de fois m’est-il arrivé de faire un bisous à l’une de mes filles de façon spontanée !
Si on essaie le plus souvent possible de demander leur permission avant de les embrasser, ce n’est pas si évident. Depuis que nous faisons plus attention, nous avons remarqué une petite chose : lorsqu’un bisous ou un câlin non autorisé est donné à nos filles, elles expriment leur désaccord de façon assez vive. En fait, grâce à cette liberté préservée, elles acquièrent la notion de consentement.
Et chez vous pour les câlins et les bisous, comment cela se passe-t-il ?
Des ressources existent heureusement.
De nombreux livres évoquent ces sujets délicats et sont d’excellents supports pour commencer à en parler. Parmi eux, “Le Loup” de Coralie Diere et Mai Lan Chapiron. Ce livre aborde l’inceste. Il peut susciter de nombreuses questions. Plutôt à partir de 4 ans environ.
“Le petit illustré de l’intimité”, très pédagogue et bien utile pour aborder tout un tas de sujets liés au corps. Il est un merveilleux support pour discuter avec son enfant.
“Mon corps m’appartient ! respect, intimité, consentement : parlons-en” d’Isabelle Filliozat.
Certains documentaires également sont très parlants comme “Mon corps, c’est mon corps” réalisé au Canada et disponible sur Youtube.
Je ne sais pas vous, mais je me suis aperçue, que lorsque je donne mon avis sur un sujet alors que mes filles ne me l’ont pas demandé, en général je me fais retoquer ! Et en fait, elles ont raison. Quand je repense aux nombreux moments où j’ai partagé des situations que j’avais juste envie de raconter et que la personne qui m’écoutait m’a soit jugée soit donné un conseil, j’ai regretté de m’être exprimée à ce moment là. Mais surtout, après cela, je ne suis pas retournée voir cette personne pour me confier.
Alors en essayant d’être à seulement à l’écoute, simplement en tendant notre oreille, peut-être que nos enfants oseront plus venir nous parler en cas de besoin. Savoir qu’ils ne seront ni grondés ni jugés, qu’ils auront une écoute inconditionnelle et bienveillante, les aidera peut-être à se saisir de cet espace – notre espace – pour parler.
Quelles sont vos astuces, vos ressources pour partager avec vos enfants sur ces sujets-là?
Osez-vous aborder l’intimité avec eux?
Avez-vous quelques appréhensions?
