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Le sommeil est probablement l’un des sujets qui préoccupent le plus les parents. Dès la naissance, les questions fusent :
• Pourquoi mon bébé se réveille-t-il autant ?
• Est-ce normal qu’il ait besoin de moi pour se rendormir ?
• Quand va-t-il enfin faire ses nuits ?
• Est-ce que je fais quelque chose de travers ?
Si vous vous êtes déjà posé l’une de ces questions à 3 heures du matin, un biberon dans une main et le téléphone dans l’autre, sachez que vous êtes loin d’être seul.
Le sommeil du bébé et du jeune enfant est souvent entouré de nombreuses attentes, parfois irréalistes. Pourtant, comprendre comment fonctionne réellement le sommeil permet souvent de porter un regard plus serein sur les réveils nocturnes et les difficultés d’endormissement.
Comme la marche, le langage ou la gestion des émotions, le sommeil évolue avec la maturation du cerveau.
À la naissance, le système nerveux du bébé est encore immature. Son horloge biologique se construit progressivement. Il apprend peu à peu à distinguer le jour de la nuit, à enchaîner les cycles de sommeil et à retrouver un état de calme lorsqu’il se réveille.
Autrement dit, le sommeil n’est pas un examen à réussir avant un certain âge.
C’est un apprentissage qui se construit au fil du développement.
L’une des informations les plus importantes à connaître est que nous nous réveillons tous plusieurs fois chaque nuit.
Oui, même les adultes qui affirment dormir d’un trait jusqu’au matin.
Notre sommeil est composé de plusieurs cycles qui s’enchaînent tout au long de la nuit.
Entre chaque cycle, le cerveau traverse une phase de vigilance légère appelée micro-réveil.
Chez l’adulte, ces micro-réveils passent généralement inaperçus. Nous changeons de position, ajustons la couette et nous nous rendormons sans même nous en souvenir.
Chez le bébé et le jeune enfant, les choses sont un peu différentes…Leur cerveau est encore en train d’apprendre à gérer ces transitions naturelles entre les cycles de sommeil. Ils peuvent alors ouvrir les yeux, chercher leurs repères, appeler un parent ou avoir besoin d’être rassurés avant de repartir dans un nouveau cycle.
Pourquoi mon enfant se réveille-t-il encore la nuit ? Parce qu’il est un enfant. Cette réponse peut sembler simpliste, mais elle est souvent la plus réaliste. Les réveils nocturnes peuvent être liés à : la faim, les poussées dentaires, une maladie passagère, une période de développement importante, l’anxiété de séparation, les émotions vécues dans la journée, le besoin de réassurance.
Mais parfois, ils correspondent simplement à ces fameux micro-réveils normaux entre deux cycles.
Le véritable défi n’est donc pas d’empêcher les réveils. L’enjeu est progressivement d’aider l’enfant à apprendre à enchaîner ses cycles de sommeil avec de plus en plus d’autonomie.
Le cerveau de votre enfant n’est pas encore celui d’un adulte. Lorsqu’un enfant se réveille la nuit et appelle ses parents, certains adultes peuvent avoir l’impression qu’il « devrait savoir » se rendormir seul. Pourtant, son cerveau est encore en pleine construction. Le néocortex, qui participe notamment au raisonnement, à la gestion des émotions, à l’anticipation et au contrôle des impulsions, est loin d’être mature chez le jeune enfant. Lorsqu’il ressent une émotion forte, une inquiétude ou un inconfort, il ne dispose pas encore de toutes les ressources nécessaires pour gérer seul cette situation. Il emprunte alors temporairement celles de son parent.
Votre présence, votre voix ou votre contact physique agissent comme un véritable régulateur émotionnel. Ce n’est pas une mauvaise habitude. C’est un mécanisme normal du développement.
Parce que derrière chaque enfant qui se réveille la nuit, il y a souvent un parent fatigué. Un parent qui se demande s’il fait bien. Un parent qui compare parfois son enfant à celui du voisin, du cousin ou de la fameuse amie dont le bébé aurait dormi douze heures d’affilée dès l’âge de trois semaines.
Le manque de sommeil est difficile. Il affecte l’humeur, la patience, la concentration et parfois même l’estime de soi. Lorsque les nuits sont compliquées, il est normal de se sentir découragé.
Reconnaître cette fatigue n’est pas un aveu de faiblesse. C’est simplement reconnaître une réalité.
Les routines du coucher peuvent être précieuses.
Elles permettent au cerveau de l’enfant d’anticiper l’arrivée du sommeil et d’être suffisamment sécurisé pour aller dormir. Une histoire, un câlin, une chanson, une lumière tamisée ou quelques minutes de calme peuvent constituer des repères rassurants. Mais il est important de garder en tête qu’aucune routine ne garantit une nuit parfaite.
Même après une histoire, deux chansons, trois câlins et quatre bisous supplémentaires, votre enfant peut parfois avoir besoin de temps pour s’endormir. Et cela ne signifie pas que vous avez raté quelque chose.
Chaque enfant a son propre rythme. Certains enfants semblent rapidement capables d’enchaîner plusieurs heures de sommeil. D’autres auront besoin de davantage de temps et d’accompagnement. Le tempérament, la sensibilité, le développement neurologique et l’environnement familial influencent tous le sommeil. Comparer les enfants entre eux est souvent source de frustration.
Le plus utile reste généralement d’observer les besoins de son propre enfant.
Le sommeil du bébé et du jeune enfant n’est pas une ligne droite. Il évolue au rythme de la maturation cérébrale, des apprentissages, des émotions et des expériences vécues.
Les réveils nocturnes, les difficultés d’endormissement ou les périodes plus compliquées font souvent partie du chemin. Votre enfant n’a pas besoin de parents parfaits. Il a besoin d’adultes suffisamment disponibles pour l’accompagner. Et si cette nuit a été difficile, que vous avez regardé l’heure toutes les vingt minutes et que votre café du matin ressemble davantage à un traitement médical qu’à un plaisir…Rassurez-vous : vous êtes probablement exactement là où de nombreux parents sont passés avant vous.
Le sommeil se construit. Votre enfant grandit. Et cette période, même si elle semble interminable à 4 h 12 du matin, ne durera pas toujours.