Accompagnante parentale et formatrice, j'ai à coeur de vous partager mes ressources.

Tu as probablement déjà vécu cette scène.
— Va mettre tes chaussures s’il te plaît.
Silence.
— Tu as entendu ?
Toujours rien.
— Les chaussures.
Aucune réaction.
— On va être en retard.
Toujours rien.
Puis soudain, ton enfant tourne la tête vers toi avec l’air de découvrir pour la première fois de sa vie l’existence même des chaussures.
Comme si cette information ne lui avait jamais été communiquée.
Si tu te reconnais dans cette situation, rassure-toi : tu n’es ni seul(e), ni un mauvais parent.
Tu es simplement parent.
Et comme beaucoup d’entre nous, tu as peut-être déjà eu l’impression de devoir négocier avec ton enfant comme avec un diplomate international lors d’un sommet particulièrement tendu.
Tu avances des arguments.
Tu fais preuve d’écoute.
Tu proposes un compromis.
Tu reformules.
Tu rappelles l’échéance.
Tu expliques les conséquences.
Et malgré tout… les chaussures sont toujours au même endroit.
Alors pourquoi faut-il répéter 100 fois les mêmes choses à son enfant ?
Non, ton enfant n’est pas en train de préparer un complot contre toi
Je sais.
Parfois, on pourrait presque croire qu’il le fait exprès.
Surtout quand il entend parfaitement le bruit d’un paquet de bonbons ouvert à l’autre bout de la maison mais semble incapable d’entendre :
«« Va te brosser les dents. »»
Pourtant, dans la grande majorité des cas, ton enfant ne cherche pas à t’ignorer.
Son cerveau est encore en plein développement.
La capacité à gérer son attention, à interrompre une activité et à passer rapidement à une autre se construit progressivement.
Pendant que tu penses :
«« Il faut partir dans cinq minutes. »»
Ton enfant pense peut-être :
«« Le dragon vient de capturer le capitaine de la navette spatiale. C’est une situation extrêmement urgente. »»
Autant dire que vos priorités ne sont pas exactement les mêmes.
Les transitions sont souvent compliquées
Quitter une activité agréable pour faire quelque chose de moins motivant demande un effort.
Et cet effort est parfois énorme pour un enfant.
Passer du jeu au bain.
Du dessin au repas.
Des écrans aux devoirs.
Des Lego aux chaussures.
Toutes ces transitions peuvent générer de la résistance.
Non pas parce que ton enfant veut te compliquer la vie.
Mais parce qu’il lui faut du temps pour changer de cap.
Plus tu répètes, moins ta consigne a parfois d’impact
C’est un phénomène que l’on observe fréquemment.
Lorsque les consignes sont répétées encore et encore, elles peuvent devenir une sorte de bruit de fond.
Alors il attend.
Et toi, tu augmentes progressivement le volume sonore.
Jusqu’au moment où ta voix atteint un niveau qui indique clairement :
«Cette fois, maman ou papa est vraiment sérieux.»
Le problème, c’est que ce fonctionnement est épuisant pour tout le monde.
Quelques astuces pour éviter de te transformer en disque rayé
1. Obtiens son attention avant de parler
Depuis la cuisine :
«Va mettre tes chaussures !»
alors qu’il joue dans sa chambre…
Tes chances de réussite sont relativement faibles.
Approche-toi.
Mets-toi à sa hauteur.
Cherche son regard.
Puis donne ta consigne.
Tu seras souvent surpris(e) de la différence.
2. Préviens les changements à l’avance
Les transitions sont plus faciles lorsqu’elles sont anticipées.
Tu peux essayer :
«Dans dix minutes, nous allons partir.»
Puis :
«Dans cinq minutes.»
Puis :
«C’est le moment.»
Cela aide ton enfant à préparer son cerveau au changement.
3. Donne une seule consigne à la fois
Parfois, nous demandons sans nous en rendre compte :
«Va mettre tes chaussures, prends ton manteau, prépare ton sac et n’oublie pas ton doudou.»
Pour un adulte, cela semble simple.
Pour un enfant, cela peut ressembler à une liste de missions impossible.
Une étape à la fois est souvent plus efficace.
4. Utilise le jeu
Le jeu est l’une des langues préférées des enfants.
Tu peux essayer :
«Je me demande si tes chaussures seront mises avant que je compte jusqu’à dix…»
Ou :
«Alerte générale ! Les chaussures recherchent activement leur propriétaire !»
Ce n’est pas magique.
Mais cela fonctionne souvent mieux qu’une quinzième répétition.
5. Utilise le contact physique
Une main sur l’épaule.
Un sourire.
Un regard complice.
Ces petits gestes favorisent souvent davantage la coopération qu’une consigne lancée à distance.
Et si on arrêtait de croire que les autres parents y arrivent mieux ?
Tu sais, ces parents dont les enfants semblent toujours coopératifs.
Ceux qui arrivent à l’école sans retard.
Ceux qui donnent une consigne et obtiennent immédiatement un résultat.
J’ai une petite nouvelle pour toi.
Eux aussi répètent.
Eux aussi s’agacent.
Eux aussi ont déjà demandé quinze fois où étaient les chaussures.
La différence ?
Tu assistes à 100 % de tes difficultés.
Tu ne vois que 2 % de celles des autres.
La comparaison est donc totalement injuste.
Répéter ne signifie pas que tu échoues
Beaucoup de parents qui me contactent commencent par me dire :
«Je dois répéter tout le temps.»
Ou :
«Je n’arrive pas à me faire écouter.»
Ou encore :
«Je finis toujours par m’énerver.»
Et presque systématiquement, ils pensent que cela signifie qu’ils font mal les choses.
Pourtant, répéter fait partie du quotidien de très nombreuses familles.
Cela ne dit rien de ton amour.
Cela ne dit rien de tes compétences parentales.
Cela ne dit rien de la qualité du lien que tu construis avec ton enfant.
Cela dit simplement que tu accompagnes un petit être humain en plein apprentissage.
Un parent suffisamment bon, c’est déjà un excellent parent
La parentalité ressemble parfois à un sport de haut niveau.
Il faudrait être patient.
Disponible.
Bienveillant.
Calme.
À l’écoute.
Poser des limites.
Comprendre les émotions.
Gérer les conflits.
Préparer les repas.
Penser aux rendez-vous.
Aux lessives.
Aux devoirs.
Aux activités.
Et aux fameuses chaussures.
Alors si aujourd’hui tu as répété vingt fois la même chose avant de perdre patience, cela ne résume pas la qualité du parent que tu es.
Ton enfant n’a pas besoin d’un parent parfait.
Il a besoin d’un parent qui essaie.
Qui s’ajuste.
Qui apprend.
Qui répare quand c’est nécessaire.
Et qui continue à créer du lien malgré les journées compliquées.
Et il y a de fortes chances que tu le fasses déjà beaucoup mieux que tu ne le crois.
Besoin d’un regard extérieur ?
Si tu as l’impression que les conflits prennent trop de place dans ton quotidien, que les répétitions se transforment régulièrement en cris ou que tu te sens épuisé(e) dans ton rôle de parent, sache que tu n’as pas à traverser cela seul(e).
Chaque famille est unique.
Lors d’un accompagnement parental, nous prenons le temps de comprendre ce qui se joue dans ta situation particulière afin de trouver des solutions adaptées à ton enfant, à tes valeurs et à ton quotidien.
Parce qu’il n’existe pas de parent parfait.
Mais il existe des parents qui méritent d’être soutenus.
Mandy Favrel
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