Accompagnante parentale et formatrice, j'ai à coeur de vous partager mes ressources.
Lorsqu’un enfant pleure, se met en colère ou semble submergé par ce qu’il ressent, notre premier réflexe est souvent de vouloir l’aider à aller mieux. Le calmer. Le rassurer. Faire disparaître l’inconfort.
Pourtant, les émotions ne sont pas des problèmes à résoudre.
Elles sont des messagères précieuses. Elles nous indiquent qu’un besoin n’est pas satisfait, qu’une limite a été franchie, qu’un événement nous a touchés ou qu’une situation mérite notre attention. Sans elles, nous serions déconnectés de nous-mêmes.
Les émotions ne se vivent pas uniquement dans notre tête. Elles mobilisent tout l’organisme.
Face à un stress, une frustration ou une peur, le corps active son système d’alerte. Le rythme cardiaque s’accélère, les muscles se tendent et des hormones du stress, comme le cortisol, sont libérées pour nous aider à faire face à la situation.
Lorsque l’émotion peut être exprimée et accueillie, le corps retrouve progressivement son équilibre. Les larmes, les soupirs, les mots ou simplement le fait d’être écouté participent à ce processus naturel de régulation.
Autrement dit, une émotion qui circule est une émotion qui peut s’apaiser.
Chez les enfants, ce mécanisme est particulièrement visible.
Les émotions arrivent souvent avec force, sans filtre et sans bouton « pause ». Une déception, une frustration ou une peur peuvent prendre toute la place pendant quelques minutes avant de laisser place à tout autre chose.
C’est parfois déroutant pour les adultes, mais c’est aussi le signe que l’enfant est en train de vivre pleinement son expérience émotionnelle.
Accueillir ne signifie pas tout accepter ou tout permettre. Cela signifie reconnaître ce qui est vécu.
« Je vois que tu es triste. »
« Tu sembles très en colère. »
« C’est difficile pour toi en ce moment. »
Ces quelques mots peuvent suffire à faire comprendre à l’enfant qu’il n’est pas seul face à ce qu’il ressent.
Les pleurs mettent souvent les adultes mal à l’aise. Ils réveillent notre envie de réparer, de consoler ou de trouver rapidement une solution.
Pourtant, les larmes ne sont pas forcément le signe que quelque chose va mal. Elles sont souvent le signe que quelque chose est en train de se libérer.
Parfois, le plus beau cadeau que nous puissions offrir à un enfant n’est pas de faire cesser ses pleurs, mais de rester présent le temps qu’ils passent.
On parle beaucoup de la nécessité d’accueillir les émotions de nos enfants.
Mais beaucoup plus rarement de ce que cela demande aux parents.
Car accompagner un enfant dans ses tempêtes émotionnelles peut être épuisant. Surtout lorsque l’on manque de sommeil, de temps, de soutien ou simplement d’énergie.
Et il est important de le dire : parfois, c’est difficile.
Très difficile même.
Certaines journées nous trouvent patients, disponibles et pleins de ressources.
D’autres nous trouvent fatigués, irritables ou dépassés.
Cela ne fait pas de nous de mauvais parents.
Cela fait de nous des êtres humains.
Reconnaître son agacement, sa frustration ou son besoin de souffler n’est pas un échec. C’est souvent le premier pas pour prendre soin de soi avant d’arriver à saturation.
Derrière la colère se cache parfois de l’épuisement.
Derrière l’impatience, un besoin de repos.
Derrière les larmes, une charge mentale devenue trop lourde.
Nous invitons nos enfants à accueillir leurs émotions avec bienveillance. Peut-être méritons-nous de nous offrir la même chose.
Sans culpabilité.
Sans jugement.
Sans chercher à être parfaits.
Accompagner les émotions d’un enfant n’est pas un exercice de perfection.
C’est la rencontre entre deux êtres humains qui apprennent, chacun à leur rythme, à comprendre ce qui les traverse.
Nos enfants n’ont pas besoin de parents qui ne vacillent jamais.
Ils ont besoin de parents qui leur montrent qu’il est possible de ressentir, d’exprimer, d’accueillir et de traverser leurs émotions avec douceur.
Et si les émotions étaient finalement bien plus que des tempêtes à calmer ?
Et si elles étaient, tout simplement, des alliées que l’on gagnerait à écouter plutôt qu’à faire taire ?
