Accompagnante parentale et formatrice, j'ai à coeur de vous partager mes ressources.
Accompagnante parentale et formatrice, j'ai à coeur de vous partager mes ressources.

Vous étiez parti au parc avec les meilleures intentions du monde. Un peu d’air frais, quelques glissades, des rires… Peut-être même un café à boire chaud (soyons ambitieux).
Puis arrive LE moment.
Vous annoncez : « On va bientôt rentrer. »
Et soudain, votre enfant se jette au sol avec le talent dramatique d’un acteur récompensé aux plus grandes cérémonies. Les passants regardent. Un pigeon s’arrête. Le temps semble suspendu.
Bienvenue dans la gestion de crise au parc.
Parce qu’au fond, ce n’est pas seulement difficile pour l’enfant.
C’est difficile pour le parent aussi.
Vous êtes peut-être fatigué. Vous avez peut-être un repas à préparer, un rendez-vous à honorer ou simplement l’envie de rentrer chez vous sans avoir à transporter un enfant hurlant sous le bras comme un sac de pommes de terre récalcitrant.
Ajoutez à cela les regards des autres, la peur d’être jugé et cette petite voix intérieure qui murmure :
« Pourquoi mon enfant est-il le seul à faire ça ? »
Rassurez-vous : il n’est pas le seul. Et vous n’êtes pas le seul parent à avoir déjà envisagé de déménager sur une île déserte au beau milieu d’une crise au parc.
Avant d’aider votre enfant à retrouver son calme, il est important de reconnaître votre propre inconfort. Car accompagner une tempête émotionnelle lorsqu’on est soi-même épuisé demande beaucoup d’énergie.
La réponse se trouve en partie dans son cerveau.
Chez le jeune enfant, le néocortex — la partie du cerveau impliquée dans le raisonnement, la planification, le contrôle des impulsions et la prise de recul — est encore en plein développement.
Autrement dit, lorsque votre enfant est submergé par une émotion intense, il ne dispose pas encore des mêmes capacités qu’un adulte pour se dire :
« Je suis très frustré mais je vais respirer calmement et accepter cette décision avec maturité. »
Ce scénario n’arrivera probablement pas avant quelques années.
Quand l’émotion déborde, c’est le cerveau émotionnel qui prend les commandes. Le service de la logique est temporairement fermé pour maintenance.
C’est pourquoi les phrases comme :
sont souvent inefficaces en pleine crise. Votre enfant n’est pas en mesure de raisonner comme vous à cet instant précis.
Lorsque votre enfant crie :
NOOOOOOOOOON !
Votre cerveau peut être tenté de répondre :
SIIIIIIIIII !
C’est humain.
Car lorsque votre enfant perd le contrôle, cela active parfois votre propre système d’alarme.
Mais souvenez-vous : dans cette situation, vous êtes celui dont le néocortex est censé être pleinement opérationnel.
Pas de pression.
Enfin… un peu quand même.
Essayez plutôt d’attendre, d’observer. De rester à ses côtés. Souvent, on se sent obligé de faire ou de dire quelque chose. En public, il faut le dire, la crise peut être assez gênante. Pour autant votre simple présence bienveillante et consciente à ses côtés, suffit.
Puis, lorsque l’enfant sera calmé, apaisé, revenu à l’équilibre alors vous pourrez évoquer ce moment en disant par exemple :
Vous ne nourrissez pas la crise. Vous aidez simplement votre enfant à traverser ses émotions.
Pour un jeune enfant, quitter le parc peut ressembler à une tragédie grecque en plusieurs actes.
Prévenir à l’avance aide souvent :
Les transitions sont difficiles pour les jeunes enfants, notamment parce que leur cerveau est encore immature. Ils ont besoin de temps pour passer d’une activité agréable à une autre.
Votre enfant a le droit d’être en colère.
Il n’a pas le droit de vous frapper, de pousser un autre enfant ou de lancer ses chaussures dans une autre région du pays.
Une phrase simple peut suffire :
« Je comprends que tu sois en colère. Je ne peux pas te laisser taper. »
On accueille l’émotion tout en maintenant le cadre.
Comme toutes les tempêtes, la crise finit par s’apaiser.
Et lorsque votre enfant retrouve son calme, prenez aussi un instant pour reconnaître vos propres efforts.
Parce que vous aussi avez traversé quelque chose de difficile.
Accompagner les émotions d’un jeune enfant demande de la patience, de la disponibilité et parfois une maîtrise de soi digne d’un moine zen ayant dormi huit heures d’affilée.
Ce n’est pas toujours parfait. Et c’est normal.
Si votre enfant fait une crise au parc, cela ne signifie pas qu’il est mal élevé.
Et cela ne signifie certainement pas que vous êtes un mauvais parent.
Cela signifie simplement qu’un petit cerveau encore en construction rencontre parfois des émotions trop grandes pour lui.
Votre présence calme et rassurante ne fera pas disparaître toutes les crises. Mais elle aide peu à peu votre enfant à construire les compétences dont il aura besoin plus tard pour gérer ses émotions seul.
En attendant, si vous quittez le parc avec un enfant qui pleure, une gourde perdue et du sable dans les chaussures…
Considérez que vous avez simplement vécu une sortie parfaitement normale.